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Partage et communautés d'énergies

Pour en savoir plus sur le partage d’énergie : législation, exemples, projets, études, …

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Principes et généralités

(dernière mise à jour 10 octobre 2025) 

Avec l’entrée en vigueur des nouvelles réglementations, les activités de partage d’énergie sont désormais rendues possibles en Wallonie. 

Il existe trois types de partage :

  1. Le partage au sein d’un même bâtiment.
  2. Le partage au sein d’une communauté d’énergie renouvelable (CER) délimitée par un périmètre de proximité par rapport aux installations de production.
  3. Le partage au sein d’une communauté d’énergie citoyenne (CEC) sans limite géographique mais dont la gestion ne peut être exercée que par des personnes physiques, des autorités locales et/ou des petites entreprises. 

Vous souhaitez partager les surplus de production de votre installation d’énergie avec votre voisin, votre quartier, votre communauté ? C’est désormais possible en respectant quelques directives (que nous vous expliquerons ci-dessous).   

Pour la production et la consommation vous êtes libres de choisir les participants à vos opérations de partage. Mais la participation doit être libre et volontaire.

Ces opérations ne nécessitent aucune nouvelle pose de câble, l’électricité continue de circuler via le réseau actuel. Seul un compteur dit « intelligent » devra être placé auprès de chacun des membres pour permettre les opérations de comptage. Ces compteurs sont déjà en phase de déploiement en Wallonie, avec un objectif pour le nouveau gouvernement d’une couverture totale en 2029. Les compteurs sont intégralement remboursés par la région wallonne pour les installations classiques (coffret 25D60 et borne interruptible), aucune démarche n’est à réaliser en ce sens. Le remboursement est octroyé directement par votre gestionnaire de réseau.  

Vous êtes libre de définir ensemble le prix auquel la communauté achètera l’énergie à ses membres producteurs et le prix auquel elle vendra l’énergie à ses membres consommateurs, vous pouvez aussi choisir de donner gratuitement l’énergie produite par vos installations. 

Vous recevrez deux factures, l’une de la communauté pour votre consommation de l’énergie partagée et l’autre par votre fournisseur d’énergie classique qui vous fournit le restant de votre consommation que vous continuez à prélever sur le réseau. 

Nous vous invitons à tester le simulateur que nous avons développé afin de modéliser vos scénarios de partage d’énergie et voir comment les améliorer pour trouver leur optimum. Vous le trouverez ici: (Ici un simulateur)


Tutoriel 1 : Installation et Premiers Pas


Le GAL Condruses collabore à l’élaboration de différents projets de partage d’énergie sur le territoire de nos 9 communes (vous trouverez ci-dessous quelques-uns de ces projets ).  Nos nombreux échanges sur cette thématique nous ont permis d'identifier plusieurs points clés que nous résumons pour vous.

Si les premières expériences pilotes (sous le régime de dérogation) ont révélé des difficultés et des freins dans la pratique, elles ont également permis d’asseoir l’intérêt de ces opérations de partage pour la collectivité. Comme une meilleur valorisation de sa surproduction, une aide à la problématique du décrochage d'onduleurs (si les participants modifient leurs habitudes), sa contribution à la stabilisation des prix de l'énergie face à la volatilité des marchés, l’accès aux énergies renouvelables à ceux qui n’en n’ont pas les moyens financiers ou techniques, … Mais une communauté d’énergie, c’est aussi une opportunité pour réunir des personnes, créer des liens et des synergies pour aller plus loin dans la transition énergétique du territoire ; Et c’est dans ce sens que le GAL Condruses apporte son aide et son support aux différents acteurs du territoire afin d’étudier les scénarios, montages adéquats et optimiser ensemble les échanges. 

Aujourd'hui, en Wallonie, le déploiement des projets de partage d'énergie rencontre plusieurs défis. Le cadre législatif actuel présente des freins importants : absence quasi-totale d'incitations financières pour la filière photovoltaïque, une complexité juridique (création de structure juridique, rédaction de statuts et conventions, gestion des accises, restitution des certificats verts, ...), auxquelles s'ajoutent souvent des coûts de gestion et un investissement personnel conséquent.

Conscient de ces freins, nous travaillons activement à faire évoluer la législation et accompagnons prudemment les porteurs de projets. Vous découvrirez ci-dessous un panorama des initiatives de partage d'énergie en Wallonie, passées et actuelles.

Retrouvez notre cartographie des communautés validées en Wallonie ici : https://www.galcondruses.be/blog/energie-6/cartographie-des-communautes-d-energie-en-wallonie-112

A titre de comparaison, la Région bruxelloise présente aujourd'hui un paysage plus avancé avec 24 communautés d'énergie déjà actives et 921 participants. Cette différence reflète des politiques et dynamiques territoriales distinctes. Voir site de Brugel : https://brugel.brussels/themes/energy-sharing-18/cartographie-411 

Nous sommes allés à la rencontre de citoyens bruxellois regroupés au sein d'Énergie solidaire pour en savoir plus. Découvrez notre témoignage ici :  https://www.galcondruses.be/blog/energie-6/du-coin-du-balai-a-energie-solidaire-44                                                                                                    

Trois modèles possibles

Voici une brève présentation des différents modèles, n’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations. 

Attention : 

  1. Toute opération de partage entraine la renonciation définitive au régime de compensation annuelle (connu également sous le nom de compteur tournant à l'envers)
  2. Si vous entrez dans une opération de partage vous devez également renoncer au tarif social mais uniquement pour l'électricité partagée, vous conservez le tarif social pour ce que vous continuez à prélever sur le réseau et récupérez vos droits lorsque vous quittez l'opération de partage.


1 . Partage au sein d'un même bâtiment

Le partage au sein d'un même bâtiment vous permet de bénéficier d'une réduction de 80% des frais de réseau.

Vous êtes copropriétaire, locataire et des panneaux photovoltaïques sont installés sur le toit de votre bâtiment ou sur une de ses annexes (garage, jardin, …), le surplus qui n'est pas autoconsommé par les communs peut désormais être redistribué entre les habitants du même bâtiment.

Une convention devra être établie entre les participants pour régler les modalités du partage. L'adhésion doit être libre et volontaire. Avant de vous lancer vous devrez vous choisir un représentant qui sera le point de contact avec le gestionnaire de réseau. Celui-ci devra déclarer votre opération de partage au gestionnaire de réseau.

(rem: plusieurs constructions immobilières relevant d'une même copropriété relève également de ce modèle)


2. Communauté d'énergie renouvelable

    Pour partager votre énergie avec vos voisins vous devez opter pour la Communauté d'Energie Renouvelable (CER). Celle-ci devra disposer d'une personnalité juridique (dont la forme est libre) distincte de celle des participants à l'opération de partage.

    Vous devrez donc créer une asbl, coopérative, ... ou le cas échéant utiliser une structure existante. Rédiger ou adapter ses statuts, ouvrir un compte bancaire, réunir une assemblée générale, ... 

    Il sera nécessaire également de rédiger une convention régissant les relations entre la CER et ses membres. La création de la communauté d’énergie doit être notifiée à la CWaPE et l‘activité de partage en son sein doit faire l'objet d'une autorisation préalable délivrée par la CWaPE, après avis technique du ou des gestionnaires de réseaux concernés.

     Une fois la communauté créée vous pouvez partager entre vous l'électricité produite :

    • soit par les installations dont la communauté est propriétaire ou sur lesquelles elle dispose d'un droit de jouissance susceptible de lui conférer le statut de producteur (ex: en cas de tiers investisseur...........)
    • soit par les installations en autoproduction détenues par les membres ou      actionnaires pour la part d’électricité injectée sur le réseau.
  •  

    Contrairement à la CEC qui n'a pas de limite géographique, le partage ici doit s’exercer au sein d'un périmètre de proximité, généralement la commune. Attention, les grandes entreprises ne sont pas autorisées à participer à ce type de partage. On les retrouvera donc dans la CEC.


  • 3. Communauté d’énergie citoyenne



  • Si vous souhaitez partager sur une périmètre plus large, avec des grandes entreprises ou encore de l'énergie non renouvelable, alors il faudra opter pour la Communauté d'Energie Citoyenne (CEC).

    On y retrouve les mêmes procédures (personnalité juridique, convention, notification à la CWAPE, autorisation après avis technique du ou des gestionnaires, ...

    Les grandes entreprises peuvent ici participer à l'opération de partage mais ne peuvent exercer le contrôle effectif de la communauté. Les moyennes entreprises sont ici également exclues du contrôle effectif.



    Tableau récapitulatif : 

    Attention à la définition "Autorités locales" :  le Conseil d’État a annulé l'article définissant les "Autorités locales" dès lors seules les communes (dans un sens restrictif) peuvent continuer à être reconnues comme autorités locales jusqu’à ce qu’une nouvelle définition, conforme au droit belge et européen, soit adoptée.

    Les projets de communautés d’énergie s’en trouvent fragilisés puisque les CPAS, sociétés de logements, intercommunales, et autres acteurs similaires en sont actuellement exclus. Pour en savoir plus : https://www.galcondruses.be/blog/energie-6/communautes-denergie-en-wallonie-le-conseil-detat-annule-une-restriction-jugee-discriminatoire-59 

    Cadre législatif


    La directive européenne 2018/2001 du parlement européen et du conseil du 11 décembre 2018 relative à la promotion de l'utilisation de l'énergie produite à partir de sources renouvelables

    Lien : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32018L2001 

    Le décret du 5 mai 2022 qui modifie diverses dispositions en matière d'énergie afin de transposer les directives européennes sur le marché de l’électricité et la promotion de l’utilisation de l’énergie renouvelable.

    Lien : https://etaamb.openjustice.be/fr/decret-du-05-mai-2022_n2022033591  

     L'arrêté du Gouvernement Wallon du 17 mars 2023 relatif aux communautés d’énergie et au partage d’énergie. 

    Lien : https://wallex.wallonie.be/files/pdfs/20/91456_Arr%C3%AAt%C3%A9_du_Gouvernement_wallon_relatif_aux_communaut%C3%A9s_d'%C3%A9nergie_et_au_partage_d'%C3%A9nergie_08-10-2023-.pdf

    La nouvelle directive 2024/1711 du parlement européen et du conseil du 13 juin 2024 modifiant les directives (UE) 2018/2001 et (UE) 2019/944 en ce qui concerne l'amélioration de l'organisation du marché de l'électricité de l'Union (que la Belgique doit encore transposer) 

    https://op.europa.eu/en/publication-detail/-/publication/10e921be-3357-11ef-b441-01aa75ed71a1/language-fr

    Projets à l'étude :


  • La cité Senones alimente une vallée en énergie : Un projet de 500 panneaux solaires (220kWC) installés sur les toits de 25 maisons unifamiliales.  Une production partagée entre les résidents de la cité (59 EAN avec une consommation d’environ 240 000 kWh/an) et leur voisinage.

Blocage: Depuis la décision du Conseil d'État du 28 mars 2025, les projets de communautés d'énergie ne peuvent plus accueillir au sein de leur gouvernance les CPAS, les sociétés de logement, les intercommunales et autres acteurs similaires, et ce jusqu'à la révision du cadre légal par le législateur. 

Le cadre actuel ne permet pas aux citoyens de réaliser des économies significatives sur leur facture d'électricité annuelle. Paradoxalement, la communauté d'énergie peut même alourdir la facture en raison des frais supplémentaires imposés par les fournisseurs d'énergie traditionnels.  Ce constat est d'autant plus vrai pour les ménages bénéficiant du tarif social, qui perdent injustement ce dernier pour la partie de leur consommation couverte par la communauté d'énergie.

Ces coûts supplémentaires comprennent notamment les frais de balancing (équilibrage réseau) : les fournisseurs d'énergie sont légalement tenus de maintenir en permanence l'équilibre entre la production et la consommation sur le réseau. Cette obligation technique génère des coûts qui sont répercutés sur les communautés d'énergie, réduisant ainsi les bénéfices escomptés

  

  • Un parc d’activités économiques composé de 33 entreprises et d’un projet d’extension. Le projet est d’intégrer des systèmes de gestion de l’énergie à l’échelle du parc, système de type EMS, des bornes de recharge intelligentes ou des batteries de stockage communautaires pour maximiser davantage l’autoconsommation et l’autosuffisance permettant d’aller plus loin vers la décarbonation. L’objectif est à terme d’élargir la communauté d’énergie à l’échelle du territoire de la commune avec un projet d’éolienne communale de 3,6 GWh/an.



Blocage:  Outre les points soulevés précédemment, le modèle d'optimisation avec une batterie collective présente actuellement une rentabilité limitée. Les frais répétés de charge et décharge grèvent significativement la valeur économique d'une solution de stockage collectif, rendant le projet peu attractif sur le plan financier. Enfin, des contraintes techniques représentent un frein majeur pour le projet éolien: une éolienne doit disposer de son propre code EAN et être la propriété de la communauté ou d'un membre qui autoconsomme majoritairement sa production - des conditions difficilement remplies dans la pratique. 


  • La mixité à Strée, le circuit court énergétique : Le projet prévoit de mettre en place une communauté d’énergie autour d’une dizaine d’entreprises pilotes tout en sensibilisant les habitants du quartier à l’optimisation énergétique dans un second temps. Une fois la demande énergétique suffisante, le projet intégrerait une éolienne citoyenne de 3,2 GWh/an toute proche pour compléter le mix énergétique de la communauté. L’objectif est de faire de cette initiative un modèle de collaboration entre entreprises et citoyens, propice à un développement durable et inclusif. 

Blocage : La complexité administrative décourage les entreprises, dont l'emploi du temps est déjà bien chargé par leurs activités principales. L'absence d'incitations financières ne compense pas l'investissement personnel et temporel requis.

Les entreprises redoutent également l'impact sur leur relation avec leur fournisseur d'énergie classique et s'interrogent sur la sécurité des approvisionnements au sein de la communauté. Obligées de souscrire à des volumes précis, elles craignent des pénalités financières auprès de leur fournisseur classique en cas de défaillance technique au sein de la communauté.  Enfin, les contraintes réglementaires spécifiques aux assets de production, mentionnées précédemment, constituent un frein supplémentaire.

 

  • La CEC renouvelable sur HAMOIR-OUFFET autour d'un champ solaire : Ce projet est porté par une commune et trois entreprises engagées pleinement dans la transition énergétique. Leur objectif est d’intégrer à terme les citoyens et acteurs avoisinants, et créer une véritable communauté d’énergie où chacun peut bénéficier de l’accès à une énergie renouvelable à des tarifs compétitifs. Le volume actuel total de consommation est de 6 GWh électrique par an, avec une production PV installée de 150 MWh/an. Le volume estimé actuel de réinjection est d’environ 35 MWh/an. Par ailleurs, l’une des entreprises construit actuellement un champ solaire dont la mise en service est prévue pour avril 2025 avec 1,7 GWh de production totale annuelle estimée. Il s’agit d’une unité de production avec une autoconsommation directe estimée à 50% et 30% d’autosuffisance pour le producteur, ce qui laisse des surplus importants pour une futur communauté d’énergie. 

Blocage:  gains économiques négligeables, lourdeur administrative, crainte dégradation de profil auprès de son fournisseur classique, insécurité sur les volumes d'achat au sein de la CE.

 

  • Partage au sein d’un même bâtiment de l’autoconsommation collective : des bâtiments rassemblant des familles autour de l'énergie 


Blocage :  Le potentiel de production photovoltaïque offert par les toitures reste insuffisant pour amortir le forfait partage d'énergie facturé par les fournisseurs traditionnels. Cette situation devient particulièrement critique pour les ménages bénéficiaires du tarif social, contraints de renoncer à cette aide précieuse sur la partie de leur consommation issue de la communauté d'énergie.

En effet, il est impossible pour un partage d'énergie d'être moins cher que le tarif social : les seuls frais de réseau et taxes additionnés dépassent déjà le montant de ce tarif protégé. L'objectif d'inclusion sociale poursuivi par la directive européenne est donc inatteignable dans le cadre réglementaire actuel. 



Et pourtant les projets de communauté d'énergie poursuivent plusieurs finalités complémentaires intéressantes : réduire les émissions de CO₂, optimiser l’usage des infrastructures locales de production, de stockage et de flexibilité, renforcer l’autonomie énergétique des territoires tout en offrant une gouvernance transparente et inclusive qui renforce les liens sociaux en rapprochant des acteurs qui collaborent rarement.

Quelques chiffres :


Vous trouverez ci-dessous une année de production solaire année 2019 (installation maison unifamiliale de 4 kW équivalent à 10 panneaux), courbe bleu et la courbe moyenne de consommation d’un ménage belge, courbe rouge.

 
Production solaire :





Profil médian de consommation moyennée :




3 Profils réelles non moyennés :



Simulation de CE avec nos 3 profils :

Nous avons regroupé 2 prosumers de 4kWcrête chacun et un gros consommateur (PME courbe rouge). Il est à noter que les deux prosumers (courbe verte et indigo ci-dessus) ont déjà commencé à adapter leur profil de consommation par rapport à leur production. Nous avons donc ici pour notre opération de partage : 2 producteurs et 3 consommateurs. 



La partie entre la courbe bleu et la courbe rouge (1), montre la quantité d’énergie partagée au sein de la CE. La partie sous la courbe rouge, montre la quantité encore disponible au sein de la communauté (2). 

Ces opérations de partage des surplus se font déjà naturellement via le réseau de distribution avec l'ensemble des opérateurs d'un réseau (tous les codes EAN).

Mais la mise en place d'une CE doit permettre une meilleure valorisation financière des surplus de production permettant le déploiement de nouvelles installations photovoltaïques (car fin du régime de la compensation et des Certificats Verts) et doit promouvoir un changement des comportements des affiliés (membres de la CE) afin qu’ils s'adaptent au mieux aux courbes de production de leur CE et maximisent ainsi l’autoconsommation collective.

Jusque fin 2023, il n’y avait pas de rachat des surplus, ils étaient utilisés par le gestionnaire de réseau pour « compenser sur base annuelle, les pertes de réseau » [1] (ce coût évité devait se répercuter par une baisse des tarifs en faveur de l’ensemble des utilisateurs du réseau). Depuis 2024, la situation a changé sauf pour les installations sous le régime de la compensation. Il n’y aura pas de tarif d’injection pour elle, vous ne recevrez pas de rétribution pour l’électricité de que vous réinjecté sur le réseau sur base annuelle. Par contre, les nouvelles installations (qui ne sont pas sous le régime de la compensation) seront elles rétribuées pour l’énergie injectée sur le réseau. Ce tarif d’injection sera d’application dès l’installation d’un compteur intelligent. 

Pourcentage d’injection

En croisant le profil de consommation type (https://www.synergrid.be/fr/centre-de-documentation/statistiques-et-donnees/profils-slp-spp-rlp) et la courbe de production solaire (PVGIS 5.3) d’une installation type sur une année (https://joint-research-centre.ec.europa.eu/photovoltaic-geographical-information-system-pvgis_en), nous avons développé un diagramme d’estimation des surplus, de l’autoconsommation et de l’autosuffisance en fonction du facteur de dimensionnement. Ce dernier étant le rapport entre la production annuelle de l’installation solaire (en kWh) et la consommation annuelle (en kWh).

Nous avons considéré pour faciliter les calculs que le ménage type n’adapte pas son comportement suite à l’installation de panneaux solaire. La capacité d’un ménage type à changer ses habitudes de consommations en reportant des consommations lors du pic de production solaire (déplacements de charges) est estimée entre 10 et 15% d’après les études (voir Voy. KlopfertF., Wallenborn G., Empowering consumers through smart metering, a report for the BEUC,2011, p.23).

Il était relativement facile pour un foyer d'aligner une partie de sa consommation électrique sur les heures pleines et heures creuses (soirée et W-E) car cela correspondait également à une certaine réalité de son quotidien. Bénéficier des plages « heures solaires » restera plus compliqué pour les nombreux foyers qui sont contraints par des horaires contraignants de type école/travail. Il est difficile de déplacer ses consommations au pic solaire, excepté via une programmation pour les lave-vaisselles, machines à laver, sèche-linge, boiler électrique.  


[1] https://www.cwape.be/node/4181

 

La situation idéale du dimensionnement de votre installation photovoltaïque est lorsque votre production solaire annuelle est identique à votre consommation annuelle = facteur de dimensionnement de 1. Cette situation correspond à une autoconsommation de 36% et une autosuffisance de 36% avec une réinjection sur le réseau de 64% de votre production solaire. Si vous souhaitez augmenter votre autosuffisance, vous pouvez surdimensionner votre installation solaire, mais rapidement vous arriverez au palier de 40% autosuffisance (surdimensionnement d’un facteur de 2). Surdimensionner davantage votre installation n’améliorera plus de façon conséquente votre autosuffisance.


Investir dans des batteries de stockage d’énergie peut vous permet d’accroître encore de l’ordre de 30% votre autosuffisance (voir notre étude : https://www.galcondruses.be/energie-renouvelable ).  

Remarque : nous avons basé notre diagramme sur un profil moyen de consommation. Plus vous avez un profil de consommation éloigné de la moyenne, moins ce diagramme sera pertinent pour vous. Une communauté d’énergie en regroupant des consommateurs avec des profils variés rapproche sa courbe de consommation de la courbe moyenne. Plus on se rapproche du profil moyen de consommation et plus le diagramme est pertinent.

Remarque : une adaptation des comportements implique souvent une augmentation de la consommation (consommation domotique), ce qui implique un sous dimensionnement (car on consomme plus avec la même installation) et donc une chute d’autosuffisance et une augmentation de l’autoconsommation.


Nous avons réalisé ce diagramme pour tous les types de production (photovoltaïque comme ici, mais aussi éolien, hydroélectrique et cogénération-biométhanisation). Il est important de noter que le photovoltaïque est le mode de production le plus difficile à valoriser en communauté d'énergie en raison de son intermittence. L'éolien l'est un peu moins, et les installations de cogénération-biométhanisation sont généralement les plus intéressantes économiquement.    

Simulation de factures :

Simulation pour un ménage type en Communauté d'Énergie (CE)

Pour illustrer le fonctionnement, nous avons simulé un ménage belge avec une consommation annuelle moyenne de 3 500 kWh.

Scénario 1 : Le "Prosumer" (il produit et consomme) seul, sans CE

  • Installation : 10 panneaux solaires (4 kWc), produisant 4 000 kWh/an.
  • Autoconsommation : Il utilise directement 31% de sa production solaire (soit 1 240 kWh) pour couvrir 36% de ses besoins annuels.
  • Surplus vendu : Les 69% de sa production qu'il n'utilise pas sur le moment (soit 2 760 kWh) sont revendus à son fournisseur d'énergie classique à un tarif bas ( entre 0,017 à 0,05€/kWh).
  • Achat sur le réseau : Les 64% de sa consommation non couverts par l'autoconsommation (soit 2 240 kWh) sont achetés au tarif normal du fournisseur ( entre 0,15 et 0,20 €/kWh).

Scénario 2 : Le même "Prosumer" dans une CE composée de 5 membres (3 prosumers et 2 consommateurs)

  • Revente du surplus : Au lieu de tout revendre à son fournisseur, il revend maintenant 20% de son surplus à la CE à un tarif plus avantageux de 0,08 €/kWh. Le reste de son surplus (80%) va toujours au fournisseur classique.
  • Achat dans la CE : Il achète également 10% de son électricité (350 kWh) à d'autres membres de la CE, au tarif stable de 0,09 €/kWh.
  • Bilan : Ses achats au fournisseur classique baissent ainsi de 64% à 54% de sa consommation totale.

Scénario 3 : Le Consommateur (sans panneaux) dans une CE

  • En achetant 14% de son électricité au sein de la CE, il bénéficie d'un tarif plus avantageux et réduit sa dépendance au fournisseur classique.

Remarques :

  • Attention aux coûts : Cette simulation ne comprend pas les frais de gestion de la CE. Dans la réalité, des prestataires de service (gestionnaire de CE) peuvent facturer environ 0,025 €/kWh pour ce service, ce qui réduit les bénéfices des membres de la CE.
  • Attention aux forfait imposé par les fournisseurs aux membres des CE: Les gains peuvent être absorbés par ces frais supplémentaires, ce qui rend le modèle économique fragile sans un cadre optimal. Nous allons le voir ci-dessous. 


Voici un exemple : Nous nous sommes basés sur la grille tarifaire du mois d’août 2024 de chez Mega en tarif fixe, mono horaire qui impose un forfait au partage d'énergie (Lien PDF ci-dessous).

Consultez le tarif étudié

Enfin nous avons supposé que la CE n’imposait aucun frais supplémentaire pour sa gestion interne.  La définition du tarif d’achat et de revente de l’énergie doit être attractif à la fois pour le prosumer et pour le consommateur (là ou l’un gagne, l’autre y perd). Dans notre exemple nous avons fixé le tarif d'achat au sein de la CE à 0,08 et celui de vente à 0.09€/kWh. 



La participation à une opération de partage coûte 34€/an à un consommateur et 2€/an à un prosumer.  

Depuis que les fournisseurs classiques imposent un « forfait partage d’énergie » qui varient entre 85 et 150 € suivant les contrats, la communauté d’énergie ne parvient plus à dégager de marge de manœuvre pour devenir attrayante économiquement. Un seul fournisseur n’impose pas encore ce forfait en Wallonie : Total Énergie, mais ce dernier impose parfois des tarifs d'injection négatifs (comme voir grille tarifaire juillet 2025).  




La même facture pour un client chez Total énergie  = gain pour le consommateur de 45€/an et pour le producteur de 80€/an ( prix achat dans la CE 0,08€/kWh et prix de vente 0,09€/kWh et 0,15€/kWh chez Total). 

Nous verrons que plus sa production est élevée, plus un prosumer valorise sa participation à une CE. Le forfait partage énergie est indépendant du volume de consommation/ production, plus la consommation est élevée plus le forfait est dissout. Idem pour un gros consommateur (un ménage disposant par exemple d’une voiture électrique aura plus d’intérêt à participer à une CE contrairement à un ménage médian).

Mais attention au surdimensionnement car certains fournisseurs comme Mega imposent un forfait panneaux solaires allant jusqu’a 7€/kVA par mois en plus du tarif prosumer.  

Seule la filière photovoltaïque présente un cadre financier précaire, ce n'est pas le cas pour la filière éolienne, hydroélectricité ou pour les cogen-biométhanisation. 

Avec la même puissance, le remplacement d'une installation photovoltaïque par une unité de cogénération-biométhanisation permet un gain annuel de 188 € pour le consommateur et de 348 € pour le producteur au sein de cette communauté d'énergie même chez Mega qui impose un forfait partage d'énergie.

 

Si vous souhaitez tester différents scénarios, nous vous invitons à utiliser notre simulateur DimCE https://www.galcondruses.be/blog/energie-6/nouvelle-outil-dimce-version-1-24-logiciel-simulateur-operation-de-partage-et-communaute-d-energie-50 

Conclusion :


Ces simulations démontrent que la situation actuelle en Wallonie ne répond pas entièrement à la directive européenne qui exige en effet des États membres qu’ils mettent en place des cadres juridiques favorables afin de soutenir les citoyens et les communautés investissant dans les énergies renouvelables (Article 21 et 22 de la DIRECTIVE (UE) 2018/2001 DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 11 décembre 2018 relative à la promotion de l'utilisation de l'énergie produite à partir de sources renouvelables).

Or, les simulations ci-dessus ne tiennent pas compte des frais inhérents à l’activité d’une communauté d’énergie (frais de gestion, comptabilité…) qui doivent encore s’ajouter à la facture des membres d’une opération de partage. L’absence de gain financier, voire pire la charge financière qu’implique la participation à une CE est un obstacle majeur au développement des CE face à la concurrence d’un fournisseur classique.   

D’autre part les simulations montre un défaut d’accessibilité pour les ménages à faibles revenus, ce qui est contraire à la directive européenne qui impose que les avantages de participer à la transition énergétique doivent être accessibles à tous, et pas uniquement aux ménages privilégiés.

Remarquons que la structure de la communauté d’énergie pourrait être assez facilement en boni, à condition de limiter ses frais de fonctionnement et d’accueillir un grand nombre de participants. L’intérêt économique par contre pour un citoyen à participer à une opération de partage est beaucoup moins évident.

Nous vous invitons dès lors à la plus grande prudence face au simplisme de certains gros titres, comme celui de La Meuse du 26 mars 2025 : "XXXX LANCE SA COMMUNAUTÉ D’ÉNERGIE : DES PRIX 50 % MOINS ÉLEVÉS". La réalité est en effet bien plus complexe, les gains ne sont ni automatiques ni généralisables à tous les cas.  



Nous appelons la Région wallonne à réviser la législation pour lever ces freins. Cette demande s'appuie sur le travail de terrain que nous réalisons. Nous travaillons également à rapporter ces obstacles, notamment de manière collective avec d'autres GAL comme dans le cadre de la consultation publique de la CWaPE.

Capacitaire :

Depuis le 1er janvier 2023, vous payez en Flandre une partie de vos coûts de réseau pour l'électricité sous la forme d'un tarif de capacité. Cela signifie que vous payez une partie de vos coûts de réseau en fonction de votre consommation de pointe par mois. Ceci s’explique notamment avec l’arrivée de fortes demandes de courant comme les voitures électriques, les pompes à chaleur (PAC), …  Voir graphiques ci-dessous, courbes réelles de consommation de 20 ménages sur 24h en mai et en décembre.  


La Wallonie va proposer un tarif incitatif dès 2026 pour encourager la consommation d’électricité au moment où elle est produite, mais ne semble pas, à ce stade, vouloir mettre en œuvre le modèle capacitaire. 




Ci-dessous, une sélection de 5 profils avec leur courbe réelle de consommation sur 24h en décembre afin de permettre une comparaison des courbes plus aisées.  On voit clairement que les voitures électriques augmentent de manière substantielle les pics de demande d’énergie sur le réseau. Dans une moindre mesure, les pompe à chaleur, jouent aussi un rôle non négligeable. Un consommateur classique par contre à un profil avec des pics de demande d’énergie sur le réseau beaucoup plus bas. 



Ces données doivent nous conscientiser sur la problématique des pics de demandes qui vont impacter de plus en plus la stabilité du réseau. L’électrification accrue de nos environnements pose un réel problème au gestionnaire de réseau.

La plupart des bornes de rechargement de voiture électrique à l'heure actuelle en Wallonie ne permettent pas une « modulation de l’amplitude » de la charge.

Décrochage onduleurs :

Qu’est-ce qu’un décrochage : en construction

Solution envisageables : en construction

Risque plus élevé en territoire rural :



(Extrait de l’étude Amorce appel « living-lab » 2020 : étude du potentiel techniques des communautés d’énergie Renouvelable)

L'augmentation prévue de la pénétration des voitures électriques et des installations panneaux photovoltaïques d'ici 2030 aura un effet significatif sur la stabilité de la tension du réseau local. En général, plus la ligne d'alimentation (câble) est résistive et plus l'habitation est éloignée du transformateur, plus les pics de tension sont élevés (c'est-à-dire que la stabilité de la tension est moins bonne). C’est pour cette raison que les zones rurales sont plus sujettes aux problèmes de tension.

La flexibilité présente dans une communauté d’énergie peut partiellement contrer ces fluctuations de tension accrues en pilotant la consommation des équipements flexibles aux moments où il y a un excès de production locale.

Lorsque l'amélioration de la stabilité de la tension est vraiment une préoccupation majeure, une mise à niveau de l'infrastructure est nécessaire, mais elles ont un coût élevé. 

Liens Utiles :


Consulter les statuts des communautés existantes :

https://kbopub.economie.fgov.be/kbopub/zoeknaamfonetischform.html?searchWord=communaut%C3%A9+%C3%A9nergie&_oudeBenaming=on&pstcdeNPRP=&postgemeente1=&ondNP=true&_ondNP=on&ondRP=true&_ondRP=on&rechtsvormFonetic=ALL&vest=true&_vest=on&filterEnkelActieve=true&_filterEnkelActieve=on&actionNPRP=Rechercher


  • Les étapes à suivre chez Ores (formulaires et guide) :

https://www.ores.be/particulier/demarrer-partage-cer-cec

  • Les étapes à suivre chez Resa (formulaires et guide) :

https://www.resa.be/fr/ma-situation/ma-production-denergie-photovoltaique/communaute-energie/

  • Informations de la CWaPE (formulaires de notification, déclarations sur honneur, lignes directrices, clés de répartition, FAQ ) :

https://www.cwape.be/secteur/communautes-partage-energie

  • Convention-type conclue entre le gestionnaire de réseau et le représentant d’une communauté d’énergie (source CWaPE) :

https://www.cwape.be/publications/document/5614

  • Liste des communautés d’énergie autorisées par la CWaPE en Wallonie :

https://www.cwape.be/node/158#communauts-notifies

Remarques : les opérations de partage au sein d’un même bâtiment ne sont pas reprise par la CWaPE


  • Étude Brugel "Coûts-avantages relative aux communautés d'énergie et au partage d'électricité" en Région bruxelloise : 

https://brugel.brussels/publication/document/etudes/2023/fr/ETUDE-45-COUT-AVANTAGE-PARTAGE-CONSULTATION.pdf


  • Cartographie potentiel solaire de SPW énergie :

https://cartographie-solaire.spw.wallonie.be/