Réchauffement climatique : une hausse moyenne de 0,33 °C s'accompagne d'une augmentation du pic caniculaire, qui passe de 34,9 °C à 37,2 °C (+2,3 °C) sur le territoire du Gal Pays des Condruses.
À partir des relevés des températures maximales journalières observées sur notre territoire, nous avons étudié leur distribution (source des données : https://open-meteo.com/en/docs/historical-forecast-api ) pour tenter de comprendre l’impact du réchauffement climatique sur les canicules de notre territoire. Cette lecture locale des données météo, montre que pour chaque dixième de degré (0,10 °C) d'augmentation moyenne des températures maximales journalières, le pic caniculaire augmenterai de +0,7 °C, et que la transition énergétique n’est pas une option lointaine : c’est une nécessité pour préserver notre cadre de vie.
Voici notre analyse :
Vous trouverez ci-dessous, en bleu, les températures maximales journalières observées sur la période 2017-2020 et, en rouge, la période 2021-2024. Pour la période 2017-2020 (courbe bleue), on peut dénombrer par exemple 3 jours avec une température maximale de −3 °C et 81 jours avec une température maximale de 9 °C. Pour la période 2021-2024 (courbe rouge), on compte 85 jours avec une température maximale de 10 °C.
Afin d'améliorer la lisibilité du graphique, nous allons lisser les données (normalisation) en atténuant les variations de faible amplitude, qui compliquaient leur interprétation. Cette approche fait apparaître une distribution plus régulière des températures, prenant la forme d'une courbe en cloche (appelée courbe de Gauss).
Les bâtonnets jaunes et verts obtenus lissent les pics hivernaux et les estivaux visibles sur les graphiques Bleu et rouge. En superposant les deux nouveaux graphiques obtenus (jaune et vert) on observe qu’un léger décalage de la moyenne de seulement 0,33 °C (de 14,20 à 14,53 °C) entraîne un déplacement bien plus important dans la queue de distribution : le pic caniculaire (valeur dépassée seulement quelques jours par an) grimpe de 34,9 °C à 37,2 °C, soit +2,3 °C. Une étude en Allemagne arrive aux mêmes conclusions que la nôtre : https://meetingorganizer.copernicus.org/EGU26/EGU26-17267.html
Ce phénomène s’explique par la forme exponentielle de la queue de la gaussienne : un petit glissement de la moyenne amplifie fortement les extrêmes.
(source : https://centredecrise.be/fr/risques-en-belgique/risques-emergents/changement-climatique)
Le hasard a voulu que les données traitées montrent un refroidissement sur les périodes considérées, la courbe bleue c’est décalé vers la gauche alors que le réchauffement climatique aurait dû la déplacer vers la droite. Sur cette courte période, la tendance locale n’est pas significative – ce n’est pas une contradiction avec le réchauffement global, mais ce qu’on appelle un bruit climatique normal. Car ces phénomènes ne se mesure pas sur des périodes si courtes. Nous ne disposons pas des données historiques sur de longues périodes pour notre territoire. Mais si nous regardons les données à l’échelle planétaire, le décalage vers la droite sur 100 ans ne fait pas de doute.
(Source : https://link.springer.com/article/10.1038/s41612-026-01411-x)
En Belgique, l’IRM relève +2,1 °C pour 2024 par rapport à la normale de référence (1961-1990).
(source : https://www.meteo.be/fr/climat/changement-climatique-en-belgique/le-climat-a-lhorizon-2100)
Conclusion. Un faible réchauffement de la température moyenne peut entraîner une forte augmentation des températures extrêmes. Avec ce glissement du climat, une journée dépassant 35 °C, aujourd'hui relativement rare, pourrait devenir beaucoup plus fréquente. Cela signifie davantage d'épisodes caniculaires, des risques accrus pour les personnes âgées, les enfants dans les écoles peu adaptées, les travailleurs en extérieur, les cuisiniers, ainsi qu'un stress hydrique plus important pour les cultures et les animaux. Ces épisodes entraîneront également une hausse des besoins de rafraîchissement et de la consommation d'électricité en période de forte chaleur. Dès lors, surveiller la seule température moyenne ne suffit pas : c'est l'intensification des extrêmes qui menace nos infrastructures, notre santé et nos écosystèmes. Il est donc essentiel de réduire les îlots de chaleur (végétalisation, revêtements clairs, ombrage), de renforcer la protection des personnes les plus vulnérables, notamment en facilitant l'accès à des solutions de rafraîchissement efficaces lorsque nécessaire comme les climatisations air-air de type Split, et de poursuivre les efforts de réduction de notre consommation d'énergie.
Notre fichier XLS est téléchargeable ici :