L'arbre, nouvelle piste de valorisation pour l'agriculture ?
Mardi, 23 Novembre 2010 00:00
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Agriculture

Quelles pratiques existantes en climat tempéré ? Quels atouts et contraintes ? Quels opportunités et modèles à la ferme, en prairie et en champ ?

Le séminaire du 29 octobre 2010 envisageait d’éclairer les agriculteurs, propriétaires fonciers, gestionnaires et acteurs du monde rural et du développement durable (coordinateurs PCDW, agent FRW, parcs naturels...) sur les atouts et contraintes de l’agroforesterie.

 Agroforesterie, révolution verte

 

Cette journée fut une belle illustration de ce que permet la dynamique GAL : la synergie des acteurs locaux et l'inter-connexion des territoires, elle fût le fruit de la collaboration entre le GAL du Pays des Condruses, le CTA, la Région Wallonne, le CDAF, Devenirs asbl, Bois Vert Scrlfs, les pépinières Gailly - Jourdan, l'asbl Faune et Biotope.

Voici les exposés au programme à télécharger :

Exposé introductif - P. BLEROT

Audit Agroforestier au Pays des Condruses - B. NOEL

L'arbre en champ : fonction, productions et orientations - P. BALLEUX

Débouchés d'avenir pour la haie - C. MARCHE

Quels statuts et primes pour l'arbre en champ ? C. Manssens

L'agroforesterie : enjeux et perspectives - F. LIAGRE

Agroforesterie : quels modèles peut-on proposer en Wallonie ?  F. LIAGRE


Voilà où a été implantée une première ligne d'arbres agroforestiers au milieu des champs, le 29 octobre, sur 435 mètres. Il y a du noyer, de l'alisier, du merisier, du frêne…

Le site de plantation est situé au cœur des terres de culture du CTA à Strée - Modave, à 50 mètres d'un dispositif de taillis linéaire implanté au printemps : 4 rangs d'arbres sur 4 m X 435 m !

Pourquoi planter des arbres sur nos meilleures terres de cultures ?

Du point de vue du GAL "Pays des Condruses", l'arbre est avant tout une opportunité économique pour nos exploitations : on voudrait voir comment l'arbre pourrait jouer sur la rentabilité des fermes. De nouveaux systèmes français permettent, semble-t-il, de doper le revenu à l'hectare.

En quelques chiffres cela donne ceci : en plantant 50 arbres/ha (investissement = 1 000 €/ha, dont probablement 500 € de primes), on reste 100% éligible aux DPU. À 50 ans, les arbres plantés en lignes à 24 m (peu d'impact sur la mécanisation) et élagué à 6 m ne pénalise que peu les cultures (moins de 20% de diminution de rendement l'année de la récolte). Ils sont prêts à être récoltés et valent (feuillus précieux) environ 1 000 €/pièce. On a donc gagné 50 000 €/ha en 50 ans, soit 1 000 €/ha et par an avec un investissement de 500€. La vente d'arbre sur pied n'est pas imposée, l'arbre est exempté de droit de succession en Wallonie.

D'autres systèmes de type "haie productive ou taillis linéaires" sont aussi à l'étude au CTA de Strée et permettraient d'obtenir un revenu complémentaire tous les deux ans.

Mais l'arbre en champs présente aussi un très fort intérêt paysager, agro-environnemental, il accroit la durabilité de l'agriculture et permet d'envisager une rémunération des externalités positives qu'il procure : épuration de l'eau, fixation du carbone de l'air, maintien d'une biodiversité utile… Il s'interface aussi très bien avec l'élevage : + 6% en poulet de chair, confort animal en prairie, substitution de la paille par des branches d'arbre broyées (BRF) en litière d'élevage…

En France, Monsieur Jollet est un précurseur qui a planté il y a 40 ans, il dispose actuellement d'un capital sur pied de 5 000 000€ sur 68 ha.

D'après les études économiques françaises, l'agroforesterie, l'association arbre-culture, est 15% plus rentable que l'agriculture conventionnelle.

Un sondage réalisé sur notre territoire montre qu'un quart des agriculteurs y sont déjà très favorables.

Un arbre dont on ne s'occupe pas devient vite une nuisance pour l'agriculture (ombrage, coût d'entretien) et il ne vaut rien à l'exploitation. Par contre, l'agroforesterie moderne propose de planter des haies productives récoltables à l'ensileuse ou des feuillus précieux élagués à 6 m pour limiter l'ombrage et faire une belle grume.

Si le cadre légal doit encore évoluer en Wallonie pour promouvoir ces techniques, des primes existantes permettent déjà de planter 200 arbres ou 1000 m de haies/an.

Enfin, si l'agroforesterie se conçoit plus aisément sur des terres en propriété, elle interviendra aussi demain dans le rapport entre propriétaire et exploitant, sachons en tirer parti.

Conscient de ces enjeux, les services extérieurs de la DGA a, à son tour, organisé à Ciney une après-midi d'étude vendredi 25/03/2011.

Dans les discussions qui ont suivi, un agriculteur de notre territoire a été sélectionné pour mettre en place un site pilote, avec le soutien de la DGARNE !

Ce que demain l'agriculture pourrait devenir (film de 16 min) : http://www.agroof.net/agroof_edition/agroof_DVD_13.html